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Once Upon a Time in Paris — Les arceaux des voies de la Gare de l’Est

Installation interactive son et lumière

Espace publicInfrastructureArchitecture Lumière

Client: Ville de Paris (Proposition)

Statut: Vision

Lieu: Paris, France

Année: 2018–2021

Autour des voies de la Gare de l’Est, une installation interactive relie lumière, musique, mouvement ferroviaire et mémoire parisienne.

Dans le prolongement du projet Liaison Verte, le plan lumière imaginé pour la connexion surfacique du Tripôle des gares, Atelier dada a développé de sa propre initiative une proposition plus intime et plus immersive : une installation interactive de son et lumière autour des arceaux électrifiés des voies SNCF de la Gare de l’Est.

L’idée partait d’une géométrie déjà présente. Au-dessus du faisceau ferroviaire, les structures en L des abris de quai et les arceaux électrifiés implantés dans leur prolongement dessinent une répétition puissante, presque chorégraphique. Des néons LED RGBW en suivent le dessous et relient perceptivement ces éléments techniques distincts, recomposés en une succession d’arcs trilobés lumineux formant un vélum voûté au-dessus des voies. La lumière révèle ainsi une architecture déjà là et en transforme la perception. Leurs courbes douces donnent au paysage ferroviaire une présence plus enveloppante et familière.

Le dispositif lumineux composait un vélum chaud et vibrant, dans des teintes inspirées du lever et du coucher du soleil. Cette présence lumineuse accompagnait le rythme du site sans en effacer la nature ferroviaire. La perception de l’installation se transforme selon le point de vue et la vitesse du regard : depuis les quais et la gare, les arcs se succèdent en profondeur ; depuis le train, ils deviennent une cadence cinétique ; depuis la rue d’Alsace haute et le toit planté de l’hôtel OKKO qui jouxte sa balustrade, ils se lisent à l’échelle du paysage ferroviaire. Le pont en treillis de pierre ouvre un autre regard sur la traversée.

Le dispositif évoluait avec l’occupation des voies. Les arcs placés sous les arceaux électrifiés restaient animés au rythme de la séquence. Lorsqu’un train occupait une voie, les lignes situées sous la structure en L de l’abri correspondant s’allumaient à leur tour et complétaient le trilobe. La figure apparaissait puis se dissolvait au fil des mouvements réels de la gare, faisant de l’occupation des voies une matière de la composition lumineuse.

La dimension sonore était pensée comme une expérience intime et non intrusive. La séquence lumineuse suivait principalement une Gymnopédie d’Erik Satie. L’arrivée ou le départ d’un train sur une voie infléchissait brièvement la composition avant qu’elle ne reprenne son cours. Le passant ou le voyageur aurait pu se synchroniser avec cette temporalité via une application dédiée imaginée pour le projet et écouter la musique avec ses propres écouteurs, laissant l’espace public silencieux.

Le choix de Satie n’était pas anecdotique. Compositeur et pianiste français majeur, lié à Paris, à Montmartre et aux avant-gardes, il ouvrait un autre niveau de lecture du projet. Le projet convoquait également la mémoire lumineuse du néon, familière des nuits parisiennes et réinterprétée ici par la technologie LED. La forme trilobée, familière de l’histoire architecturale, apportait ses propres résonances : la Trinité dans la tradition chrétienne, le trèfle et l’imaginaire du porte-bonheur qu’il peut évoquer. Ces associations ouvraient chez chacun d’autres couches de mémoire. À la lisière du 18e arrondissement, l’installation créait des ponts réels et imaginaires entre les époques, les arrondissements et les couches de mémoire collective. Le Tripôle des gares acquérait ainsi l’épaisseur d’un seuil culturel et sensible, traversé par plusieurs mémoires de Paris.

Cette proposition avait été présentée à la Ville de Paris dans le cadre de la réflexion sur la liaison urbaine entre la Gare de l’Est, la Gare Magenta et la Gare du Nord. Accueillie favorablement, elle devait être transmise à la SNCF avec l’intention de mettre Atelier dada en relation avec ses interlocuteurs en vue d’une possible mise en œuvre.

À travers cette installation, Atelier dada proposait de transformer un fragment d’infrastructure ferroviaire en partition urbaine. Les structures existantes deviennent la portée d’une lumière qui accompagne les rythmes du lieu, accueille le mouvement des trains et réactive plusieurs mémoires de Paris. Selon le point de vue et la vitesse, la perception de la traversée se transforme. Sous le vélum d’arcs trilobés lumineux, la Gare de l’Est se découvre autrement, enveloppée par une architecture de lumière que son propre dessin contenait déjà en puissance.

© MI Bouhlel / Atelier dada.
Les concepts et dispositifs présentés dans ce projet sont des créations originales.
Ils ne peuvent être reproduits, adaptés ou transposés sans l’accord explicite de leur autrice.

ClientVille de Paris (Proposition)
StatutVision
LieuParis, France
Année2018–2021
Superficie68400 m2
Photographie© Atelier dada
SUPERFICIE68400 m2
PHOTOGRAPHIE© Atelier dada
Vision
Reality
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vue en plan, localisation du projet rue d'Alsace © Google Earth

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