
Once Upon a Time in Paris — Les arceaux des voies de la Gare de l’Est
Installation interactive son et lumière
Dans le prolongement de Liaison Verte — Vision, le schéma directeur d’aménagement lumière imaginé pour la connexion surfacique du Tripôle des gares, Atelier dada a développé de sa propre initiative une proposition plus intime et plus immersive : une installation interactive de son et lumière autour des arceaux électriques des voies SNCF de la Gare de l’Est.
L’idée partait d’un élément déjà présent. Au-dessus du faisceau ferroviaire, les arceaux électriques dessinent une répétition puissante, presque chorégraphique. Atelier dada proposait de les révéler non comme un décor ajouté, mais comme une infrastructure déjà habitée par les flux : trains, voyageurs, passants, regards croisés depuis les quais, la gare et la ville, notamment depuis la rue d'Alsace haute et le balcon vert/toit planté de l'hôtel Okko, objet de la commande initiale.
Le dispositif lumineux transformait ces structures en une composition chaude et vibrante, faite de tonalités rouges, roses, orangées et jaunes. Cette présence lumineuse accompagnait le rythme du site sans en effacer la nature ferroviaire. L’installation pouvait être perçue et vécue depuis plusieurs points : les quais et l’intérieur de la Gare de l’Est par extension, la rue d’Alsace qui constitue le cœur du projet, l’Hôtel OKKO, ainsi que le pont en treillis de pierre surplombant la traversée des voies.
La dimension sonore était pensée comme une expérience intime et non intrusive. Le mouvement lumineux était synchronisé à une référence musicale associée à l’univers d’Erik Satie, accessible ici : écouter la référence sonore. Le passant ou le voyageur pouvait se synchroniser avec cette temporalité en ouvrant l’application dédiée et en écoutant la musique avec ses écouteurs. Le son n’était donc pas imposé à l’espace public ; chacun pouvait choisir d’entrer, ou non, dans cette écoute parallèle.
Le choix de Satie n’était pas anecdotique. Compositeur et pianiste français majeur, lié à Paris, à Montmartre et aux avant-gardes, il ouvrait un autre niveau de lecture du projet. À la lisière du 18e arrondissement, l’installation créait des ponts réels et imaginaires entre les époques, les arrondissements et les couches de mémoire collective. Elle faisait résonner le Tripôle des gares non seulement comme un lieu de passage, mais comme un seuil culturel et sensible.
Cette proposition avait été présentée à la Ville de Paris dans le cadre de la réflexion sur la liaison urbaine entre la Gare de l’Est, la Gare Magenta et la Gare du Nord. Accueillie favorablement, elle devait être transmise à la SNCF avec l’intention de mettre Atelier dada en relation avec ses interlocuteurs en vue d’une possible mise en œuvre.
À travers cette installation, Atelier dada proposait de transformer un fragment d’infrastructure ferroviaire en partition urbaine : une présence lumineuse visible depuis la ville, une écoute personnelle possible, et une expérience commune construite sans imposer le son au lieu. Entre mobilité, mémoire et perception, les arceaux de la Gare de l’Est devenaient un instrument discret pour relier la ville à elle-même.




Projet rue d'Alsace, vue aérienne © 2018 Atelier dada





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