
Passage de l’Imaginaire
Exploration conceptuelle pour transformer un tunnel piéton sous l’autoroute A6 en traversée lumineuse.
Sous l’autoroute A6, à Savigny-sur-Orge, ce tunnel piéton est à la jonction entre deux fragments de ville sans offrir aujourd’hui qu’un passage étroit, sombre et peu habité. L’exploration menée par atelier dada part d’une question simple : comment faire pour que cet espace devienne Place, Lien, et véritablement Lumineux, au sens propre comme au figuré ?
Nous l'avons appelé "Passage de l’Imaginaire", avec l’idée d’enrouler ce tunnel en tube, ou presque, et de transformer ses accès en cercle ou en canon de serrure. Une intuition primaire. Un clin d’œil à ces passages de l’enfance qui ne conduisent pas seulement ailleurs, mais vers une autre qualité d’espace. Le tunnel cesse alors d’être une simple contrainte urbaine. Il devient seuil, traversée, bascule perceptive.
Le projet repose sur un seul geste, minimaliste, précis, maîtrisé dans sa conception comme dans son coût. Une série de lignes lumineuses, intégrées à l’architecture, reprend la géométrie du passage et structure l’espace intérieur. Visibles d’un côté, dissimulées de l’autre, elles laissent leur effet se déployer sur les parois, transformées en gorges lumineuses successives.
Ce dispositif génère deux expériences distinctes selon le sens de la traversée.
Depuis la ville vers le parc, la lumière se fait discrète, presque immatérielle. Les lignes disparaissent au regard et ne subsiste qu’une ambiance douce, continue, éthérée.
Dans le sens inverse, du parc vers la ville, les lignes deviennent perceptibles. Le rythme s’affirme, la présence lumineuse se densifie, la traversée devient plus urbaine, plus signalétique.
La lumière douce et colorée agit comme une matière de l’espace. Elle ouvre, adoucit, rend le lieu lisible. Elle accompagne le corps, modifie la perception de la distance et transforme un passage contraint en moment habité. Le temps se resserre parce que l’expérience s’intensifie. On ne traverse plus seulement pour rejoindre un point. On traverse pour éprouver un lieu.
Cette proposition s’inscrit dans la recherche menée par Atelier dada sur la capacité de la lumière à réinventer les espaces publics contraints par un geste juste, techniquement viable et simple à entretenir. Une manière de redonner au tunnel une qualité d’usage, une présence sensible, et au passant, le fil de l’imaginaire.
© Atelier dada.
Cette exploration conceptuelle, ses textes, visuels et principes de conception sont une création originale de l’atelier dada @ Marie-Ikram Bouhlel. Toute reproduction, adaptation, utilisation ou diffusion, totale ou partielle, sans autorisation écrite préalable, est interdite.




Passage de l'imaginaire - photopique - Architecture & Lighting Design © Marie-Ikram Bouhlel, dada 2025



